Une chose est sûre, notre cerveau déteste avoir tord, il est prêt à aller jusqu’à distordre notre perception pour ça. Alors pour éviter ce résultat, on cherche naturellement plus de certitudes, que l’on pense trouver dans plus d’informations.
Un chef de projet qui hésite sur un arbitrage technique va demander une simulation supplémentaire. Les résultats arrivent et ils confirment ce que les deux précédentes avaient déjà montré. Il demande un avis fournisseur. L’avis confirme. Il propose une réunion pour partager les éléments avec l’équipe. La décision, elle, attend. Et le compteur de coût tourne.
Ce mécanisme s’appelle le biais d’information. Ce que le biais masque, c’est que l’information supplémentaire ne change pas toujours la décision, en revanche elle en retarde toujours le moment.
Dans une petite structure industrielle, ce biais consomme un temps que personne ne comptabilise. Une validation de choix matière qui attend un deuxième retour laboratoire alors que le premier était concluant. Une revue de conception repoussée parce qu’un calcul complémentaire est en cours, calcul dont le résultat n’inversera pas la solution retenue. Un cahier des charges bloqué dans l’attente de données client supplémentaires qui n’affecteront pas les exigences déjà stabilisées. Dans chaque cas, l’information cherchée est réelle mais sa valeur pour la décision est nulle.
La question qui détecte le mécanisme en temps réel est simple : cette information supplémentaire va-t-elle réellement changer ce que je vais décider ? Si la réponse est non, l’information n’est pas un prérequis. C’est un confort.
Dans votre organisation, combien de décisions sont aujourd’hui en attente d’une information qui ne changera probablement rien à leur conclusion ?
